Bonjour à toutes et à tous






" le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain"
Roland Dorgelès







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lundi 17 décembre 2012

Huitième papier : le Paraguay et son futbol

4 mois d'AM du Sud…
Beaucoup de routes, de paysages divers, de frontières passées et repassées, de gens rencontrés aux origines et cultures bien marquées ...
Je me décide aujourd'hui à reprendre - non pas la plume que seule Marie-Agnès manie minutieusement jour après jour sur son bloc notes - mais mon ordinateur afin de passer quelques instants avec vous ami(e)s suiveurs/suiveuses de notre aventure.
Depuis notre départ de France, nous avons répondu à toutes les demandes et interrogations que vous nous avez posé et c'est encore un grand merci général que j'ai le plaisir de vous adresser pour l'intérêt que vous portez à notre périple.
N'étant pas à la base un littéraire je recherche toujours un sujet sur lequel j'aurai des choses à dire et ce n'est pas toujours facile. Le déclic pour ce huitième papier a eu lieu à Pozo Colorado - bourgade Paraguayenne très pauvre du Chaco - non isolée cependant puisque située à l'embranchement Transchaco/ruta 5 vers le Brésil.

Ce 5 mai en fin d'après midi nous revenions de Filadelfia, prévoyance oblige, la conduite de nuit n'étant pas conseillée en ces lieux un peu risqués (animaux, conduite locale, camions, état des routes et absence de signalétique au sol et aux abords), nous décidons donc de faire halte à notre camping préféré… 'PETROBRAS' de cet embranchement.
Passage obligé à la pompe pour compléter le réservoir, petites pièces aux gamins du coin lesquels, nous ayant reconnu, s'empressaient de nous faire stopper à la bonne pompe pour nettoyer le pare brise et nous vendre de l'herbe à téréré (yerba mate local). Le pompiste, nous ayant reconnu aussi, nous indique l'endroit stratégique où stationner pour la nuit, bien visible des 2 vigiles chargés de la sécurité du site et armés jusqu'aux dents.
Nous sommes donc placés à la limite du 'stade de foot' jouxtant la station. Il fait chaud, l'air est moite et la nuit tout doucement prends place. Une fois installés un brouhaha assez lointain nous parvient aux oreilles et en l'espace de quelques minutes nous sommes entourés de Kawa.. Susuk.. et autres motos, vélos, voitures, vulgaris piétons et chiens du coin pour l'entrainement local des joueurs de foot ..
Tout ce petit monde est bien gai, jovial et enthousiaste, un amalgame inattendu - 'extranjeros'/joueurs/petite foule - se fait tout simplement, spontanément.
Au bout d'un certain temps.. d'un temps certain, dis-je.. patience.. les 2 équipes sont prêtes a s'affronter : il y a les 'textiles', équipe de Pozo Colorado qui va rencontrer, ou inversement, l'équipe des 'torses nus' de Pozo Colorado aussi…. Comme certains joueurs étaient torses nus en arrivant ils sont de fait dans cette dernière équipe..
Me suivez-vous !!!
Oui, tant mieux !!
Non, alors relisez cool et continuez !!!
Pour compléter la scène il ne manque donc plus que l'arbitre, les arbitres adjoints, un médecin ou un secouriste, un pompier, quelques babioles - publicités, filets aux buts, lignes tracées au sol, chaises, bancs, sifflets, trompettes, tambours et autres ustensiles plus discrets ou non et pour finir : pom-pom chicas, sponsors, oficionados, excités, éméchés, casseurs, policia publica y porque no, l'armada nationale .
Eh bien de tout cela rien !!!!
ET un VRAI match se déroule devant nous durant 2 fois 35 minutes. Ces 20 garçons (de 20 à 30 ans environ) se sont affrontés d'une manière super pro, correcte, virile, bon enfant, sans temps morts, sans mi-temps, sans coup de tête, sans geste déplacé, capables de s'auto arbitrer sans discussion débile ;
J'ai eu là la chance de voir un vrai match de foot tout simplement. Un match dénué d'intérêts que seule la passion et le désir de jouer peuvent transcender, ils jouaient en s'amusant, ils jouaient en passant un bon moment ensemble.
Comme spectateur ce fut pour moi tout simplement un grand plaisir. Rien que le fait de les voir se défoncer, se donner à fond en nage sous cette chaleur, descendant et remontant le terrain caillouteux, herbeux et non plan, sans s'arrêter était tout simplement impressionnant.
Et comme spectateur lambda et 'extranjero' (mais de Francia tout de même donc Platini etc, etc…) une certaine découverte de ce sport au sens pur du terme car, vous l'aurez peut-être deviné : le foot n'a jamais été mon truc.
En discutant un peu avec l'entraîneur - qui n'a rien dit durant tout le match (non stressé et amateur, comme d'ailleurs tout le monde ici, de téréré - boisson nationale immédiatement donnée aux jeunes enfants dès le biberon terminé -) il m'expliquait que le foot ici (en AM du Sud en général) était tout d'abord un jeu et qu'au Paraguay en particulier la notion financière n'était pas perçu de la même manière qu'en Europe. Ici il faut jouer d'abord, ce n'est pas un travail, et tous les joueurs sont des amateurs, sans emploi pour la plupart, (sans indemnités sociales, inexistantes ici) ou non déclarés (c'est normal ici)…
Pour l'Argentine et le Brésil le sujet est un peu différent car il y a des vedettes .. et donc .. comme en Europe et aussi maintenant aux USA, business et sport ne font plus qu'un ...
Le 'futbal' ici est tout d'abord un élément fédérateur de la Nation. L'intérêt (à travers les médias) que la population lui porte reste toujours mesuré même si de nombreux matchs se déroulent à travers le Pays. Le Paraguayen étant de nature réservé et non exubérant, lorsque des matchs nationaux ou internationaux importants se déroulent, il supporte bien sûr et toujours son équipe, mais s'il perd ce n'est pas bien grave, l'autre équipe était tout simplement meilleure.
 
 
 

vendredi 10 février 2012

Septième papier : Petit survol du "bout du monde" en hélicoptère



Après autant de route et de balades pédestres, pourquoi ne pas voir Ushuaia et ses environs d'en 'haut', moment certainement magique a passer dans ces contrées tant fantasmées.

Mais ici il y a toutefois un problème majeur pour que ce souhait se réalise, c'est la météo locale, hyper changeante et surtout le vent.

Pour faire simple : Ushuaia est une localité située au sud d'une chaîne montagneuse axée approximativement ouest-est, les vents dominants dans la région arrivant du nord, il en résulte 'en sortie sud des vallées' énormément de turbulences en basse couche et de nombreuses ascendances et rabattants sur les reliefs. Donc pour faire un vol touristique dans le coin il faut avoir beaucoup de chance car en une journée vous pouvez avoir les caractéristiques de nos 4 saisons chez nous et ce, à répétition… ...

Après donc avoir demandé à l'aéro club l'éventuelle possibilité d'effectuer un vol en avion de tourisme, la réponse fut positive mais pas avec un petit appareil mais avec un bimoteur. Le prix à l'heure de vol, carlingue nue, sur ce type d'appareil étant un peu élevé… une autre possibilité s'offrait à nous, l'hélico.

Une petite société de travail aérien par hélico proposait des locations machine plus pilote à un tarif convenable, après accord sur la prestation RDV fut pris pour un vol en fin de soirée (car en principe le vent faiblit .. en principe ..).

Voyant en fin d'après midi une nette aggravation météo se dessiner - sommets couverts, fonds de vallées bouchés et le vent qui ne faiblissait pas - un report de vol était plus que probable,… ce qui arriva. Le RDV fut donc reporté pour le lendemain en soirée également.
 
Ce 2 février, la tête en l'air bien souvent, le même scénario météorologique prenait forme dans l'après midi avec adjonction de quelques pluies intermittentes. Les sommets étaient cependant bien dégagés et le vent, bien que fort et rafaleux, était moindre que la veille.

Me permettant d'avoir quelques informations sur les limites machine (surtout pour le vent), on m'indiqua 55 km/h en emport de pax, 75 km/h en travail aérien. Le bulletin météo donnant pour les 3 heures à venir 45/55 km/h avec rafales, le premier seuil de vol étant limite, j'informe le chef pilote que pour nous (après accord de M.-A.) nous étions prêts pour un vol non conventionnel même si on devait se faire chahuter un peu et perdre un peu de visibilité à cause de la pluie, les 55 km/h en emport pax étant la limite donnée pour que les passagers puissent faire un vol agréable.

Les turbulences ressenties étant moindres normalement en hélico qu'en avion… je tenais a faire un vol dans le coin et j'aurai par préférence aimé l'effectuer en avion. Il faut cependant reconnaître que l'hélico permet de pratiquer certains types de vols que l'avion ne peut pas réaliser - le vol lent, le vol stationnaire, de se poser relativement facilement un peu partout (surtout dans ces contrées) et d'avoir une vue bien dégagée des environs - ce qui est un plus indéniable pour un vol touristique en conditions limites.

Le seul bémol c'est de n'avoir pas pu se poser sur un glacier, le vent étant trop tourbillonnant.

Au final le vol fut super, faiblement turbulent et pour moi toujours trop court.

Une autre façon en définitive de voir ces merveilleux et mythiques paysages.



samedi 14 janvier 2012

Sixième papier : Le Grande Francia


 
Sa conduite.

Baptisé en 2002 ce bateau, dont les caractéristiques principales peuvent être lues dans le texte de Marie-Agnès, fait partie d'une imposante flotte marchande (85 bateaux) de l'armateur Italien GRIMALDI.

Grand navire de cette flotte il est complètement automatisé au niveau navigation. Doté d'un pilote automatique de dernière génération il est capable de suivre sa route (cap compas) à l'identique d'un PA aviation. Pour cela le Cdt reçoit toutes les informations nécessaires par fax, messages codés et internet ainsi qu'un traçage de route conseillé par le bureau des opérations de GRIMALDI basé à Naples. Avec ces éléments le Cdt décide alors de la route à suivre.


La navigation classique est également réalisée par points calculés toutes les 2 heures complétée matin et soir de relevés astronomiques. La route suivie est corrigée, comme pour l'aviation, des éléments de dérive due au vent, de la déclinaison magnétique et de la déviation compas, ce qui donne au final le cap compas. Cependant d'autres paramètres entrent en considération pour son calcul, ceux-ci spécifiques à la marine concernent l'état de la mer : courants, houle (période, hauteur) et marées étant les principaux.

La route suivie peut également varier fonction des évolutions synoptiques des éléments météo ou si d'éventuels évènements extérieurs se produisaient lors de ces voyages (déroutement pour porter secours par ex.).

Les quarts sont de 4 heures et sont pris par 1 officier et un matelot.

Le personnel de bord est constamment au travail, c'est impressionnant de voir tout ce petit monde s'affairer et il y a vraiment beaucoup de choses à faire sur un navire marchand. Il n'y a absolument pas de temps morts.

Officiers et matelots ont 6 fonctions. Par exemple pour notre officier d'accueil, il fait : 1-son quart à la passerelle, 2-il est l'officier sécurité du navire et est en charge directe des passagers si évacuation il devait y avoir, 3-il est instructeur responsable d'un des 2 cadets du bord, 4-il est gestionnaire des besoins du bord et des produits sous douane, 5-il est responsable des manœuvres de la 'grande porte' et en 6-aux escales il fait comme tout le monde, du Cdt au matelot, la manutention de certains frets.
Autre exemple dont nous sommes plus proche, le steward : 1-est en charge des 10 passagers afin d'être à leur écoute pour toutes demandes éventuelles 2-doit faire les cabines de tout l'équipage officier et des passagers (14 cabines en tout, 7 a nettoyer par jour) 3-nettoyer les coursives du 12ème pont tous les jours 4-dresser les tables et servir les repas (2 services par repas) 5-nettoyer la vaisselle 6-tenir la blanchisserie (laverie, repassages divers) et réparer les machines si besoin.
Temps de repos : 8h sur 24h (pour tous) à prendre selon les disponibilités et les escales. Priorité absolue au travail. A Freetown par exemple beaucoup ont fait une nuit blanche suivie de leur planning habituel de travail.
Temps global d'une mission 4mois. Repos 45 jours + 15 jours de formation, mise à niveau, entrainements spécifiques, etc..

Travail remarquable d'équipe dont la cohésion, le professionnalisme doublé d'une forte polyvalence des métiers du bord et la disponibilité sont absolument nécessaires.

Cinquième papier : "LE" départ



7 décembre 2011, nous voici arrivés au Havre, aire du port de plaisance.

Il pleut, il vente et il fait froid aussi, la météo une fois de plus n'est pas avec nous lors d'un grand voyage et les 2 journées à passer ici avant l'appareillage du Grande Francia ne devraient pas être «au beau fixe» non plus !! Compte tenu de ce que nous avons à préparer pour notre embarquement ce mauvais temps ne nous sera pas pénalisant, hormis peut-être pour une visite rapide de la ville.

Une fois donc installés sur cette aire d'accueil située à mi-chemin du port de plaisance et du port marchand, consigne nous fut donnée de prendre contact avec les "opérations" de GRIMALDI, ce que je m'empresse de faire. Mon interlocuteur attendait visiblement cet appel pour nous communiquer quelques informations dont le fameux « point d'embarquement » et nous préciser les modalités administratives prévues à ce premier lieu de RDV, tout est bien noté mais ne connaissant pas cette grande ville qu'est Le Havre et donc son immense port, je lui demande les points GPS du lieu.

Le port du Havre ne ressemblant pas à ceux plus petits de Dieppe, de Calais et de certains autres ports étrangers que maintenant nous commençons à connaître je décide, pendant que Marie-Agnès s'affaire à d'autres tâches, d'aller à pied à la capitainerie pour visualiser si possible 'sur plan' le trajet que nous aurons à suivre dans moins de 36h maintenant.

Ma préoccupation première étant d'éviter les nombreux passages à 'hauteur limitée' que pourrait nous faire faire, en pleine nuit, un éventuel parcours initiatique destiné à l'apprentissage d'un nouveau docker, la charmante dame de l'accueil me donne un plan très détaillé de ce 'méga' port et, cerise sur le gâteau, en plus de ses charmants sourires, me surligne le trajet a effectuer.
N'en espérant pas tant je la remercie vivement.

Revenant tranquillement sur mes pas l'envie me prend alors de déambuler parmi les quais alentours. C'est vraiment impressionnant de voir ce 'ballet' vivant qui s'agite tout autour de soi. Réglé avec minutie et rythme soutenu il ne cesse de se produire comme agrippé à ces navires, déchargeant et chargeant son savoir faire.

Cette superbe prestation, dirigée et épaulée par de volumineux et puissants engins savamment manœuvrés par grutiers et autres dockers pourrait certainement faire l'objet d'un plan de film. Pénétrons donc dans cet imaginaire qui me plaît de vivre quelquefois : cette atmosphère environnante - froide, grise, pluvieuse - associée à cet incroyable ballet - ferait certainement le bonheur d'un Hitchcock pour son ambiance ou d'un Chaplin pour sa précise mécanique…

Le lendemain, veille de notre embarquement, la réalité est toute autre !!

Plus question d'imaginaire, Il faut être actif…
Comme nous le sommes tous deux, ce qu'il reste à faire est vite réglé mais l'attente, cette fichue attente d'avant un départ se montre maintenant bien constante et pesante…. vivement le lendemain 9 décembre, levé à 4h30.

Enfin le réveil sonne.
Petit déjeuner rapide, douches rapides, derniers préparatifs rapides (cassette, vidange EU) et derniers arrimages de tout ce qui pourrait tomber durant ce long voyage maritime.

Diverses choses importantes a ne pas oublier pour ce type de traversée : ouvrir et fixer la porte du frigo (dégivrage la veille), fixer la pomme de douche et surtout fermer la bouteille de gaz sans oublier de vider les circuits associés.

Pour le porteur n'oubliez pas aussi d'enlever les enjoliveurs car tous les véhicules sont fixés au sol par sangles, celles-ci étant accrochées aux jantes directement.Ces dernières actions 'gaz et enjoliveurs' étant effectuées juste avant l'embarquement.
 
A 7h précises (le trajet conseillé sur plan s'étant révélé parfait) nous nous trouvons au point de RDV, il s'agit d'un local ou 2 gardes armés (il ne semble pas que nous ayons affaire à des gendarmes) nous reçoivent avec sympathie, contrôlent les papiers et prennent un peu de temps a discuter avec nous.

Tout est parfait sauf que …. je vous le donne en mille …. le bateau n'est pas encore arrivé. Après quelques appels téléphoniques passés à divers endroits, on apprend que le retard sera de quelques heures…. On se gare donc sur un emplacement que nous indique ces messieurs et on attends.

 
Il fait froid, j'actionne le chauffage mais pas question de se servir des toilettes… compréhensifs ces 'militaires' nous permettent d'utiliser les leurs si besoin. Très peu de temps après notre arrivée un véhicule est en approche lente sur la guérite. A la vue de l'engin et de ses occupants nous pensons que se seront nos compagnons francophones de voyage… bingo c'est bien cela, ils partent aussi pour Buenos-Aires….
 
Nicole et Michel sont Varois, bien contents d'arriver eux aussi à bon port. On fait très rapidement connaissance sur ce parking bien tristounet à cette heure, toujours venteux, froid et bien sur … pluvieux.

A 11h nous avons l'autorisation de pénétrer en zone portuaire afin de rejoindre feux de détresse allumés (sur ces immenses espaces les gens circulent à 'fond'.. et c'est la réalité!!) un certain quai ou le Grande Francia doit s'amarrer.
On arrive en même temps que le bateau.

Nous le suivons visuellement car il est vraiment imposant, nous longeons des parkings immenses ou sont stockés d'innombrables containers et garés des milliers de véhicules de toutes sortes : voitures, camions, bus, engins agricoles etc. Il stoppe enfin ces machines et aidé par 2 remorqueurs il s'arrime à un très long quai bardé de monstrueuses grues. Quel navire!!!!

Une quinzaine de minutes après son immense porte arrière se déploie tout doucement laissant progressivement apercevoir son gigantesque intérieur. Toutes les manœuvres de sécurisation effectuées, deux membres d'équipage viennent alors vers nous, nous accueillent et nous informent du déroulé de notre embarquement.

Il est 13H30, le soleil perce enfin l'épaisse couverture nuageuse et un ciel bien bleu, un magnifique bleu, envahi l'espace havrais.

Le steward, se prénommant Ariel, Philippin comme la plupart des membres d'équipage, nous prends tout sourire en charge. Il n'hésite pas a se barder de 3 de nos énormes bagages et nous le suivons tous quatre, chargés d'autres affaires, vers une autre personne qui s'empresse de boucler nos dernières formalités.

Celles-ci maintenant terminées nous suivons notre toujours souriant Ariel vers un ascenseur bien trop petit pour nous cinq et nos bagages. Après trois voyages dans cet engin au… 12ème pont… nous nous installons confortablement dans notre cabine que tout de suite nous trouvons bien proportionnée et fonctionnelle.

Ariel nous informe alors que nous n'avons pas a nous inquiéter pour notre Pégase resté sur le quai… qu'il est surveillé et que l'on verra son embarquement plus tard - la priorité des membres de cet équipage étant, pour toute cette fin de journée, la nuit à venir et la matinée du 10, la supervision d'une importante manutention liée au complément de chargement du Grande Francia.

Nous précédant ensuite il nous amène d'un pas alerte le long d'étroites coursives jusqu'à la salle de restaurant ou nous faisons la connaissance du cuisinier. Ariel et Mario (c'est le cuistot) s'inquiétant alors de savoir si un petit casse croûte pouvait nous faire plaisir - notre réponse étant positive - c'est en l'espace de quelques minutes que nous nous retrouvons convenablement installés autour d'une grande table déjà dressée et bien garnie.

En guise de casse croûte, c'est carrément un petit repas qui nous est servi… J'ai soudain la vague impression que nos sveltes lignes vont en prendre un sérieux coup durant cette traversée!!!!
La fin d'après midi est consacrée à l'installation.

19H30 premier repas officiel.
Ce que je viens d'écrire ci-dessus semble se préciser : 1 entrée, 2 plats, dessert et café, le tout arrosé d'un vin de table italien. C'est donc dès à présent quasiment sûr, la table sera certainement copieuse!!!
Nous faisons durant ce repas connaissance des autres passagers, 2 couples d'Allemands et 1 couple d'Italiens, tous embarqués à Hambourg.

La langue anglaise est de rigueur à bord car, pour l'équipage, les 10 passagers que nous sommes et les diverses consignes qui devront être appliquées durant toute la durée de ce voyage, seule cette langue sera utilisée. Heureusement que nous sommes 4 français, nous pourrons délirer et refaire le Monde dans notre belle langue le reste du temps.

Cette salle de restaurant, pompeusement nommée 'mess des officiers' est composée de 3 grandes tables rondes assignées aux passagers et d'une table rectangulaire ou, selon leur 'quart', les officiers du bord, Italiens ou Philippins, prennent leurs repas. Le Commandant, entre aperçu pour l'instant est secondé par l'une des personnes venues nous accueillir sur le quai : nous ne pensions pas à ce moment là avoir comme interlocuteur le 3ème officier du bord. Ce dernier, d'un abord extrêmement chaleureux, se portant bien et du style 'au boulot on bosse, à l'extérieur on s'éclate et à table on fait honneur à sa "garniture", s'était présenté à nous sans galons, décontracté et jovial, la blague facile.

Les autre officiers sont au nombre de 4, leurs fonctions réelles m'étant inconnues pour l'instant, nous en parlerons peut-être un peu plus tard. Le reste de l'équipage est composé de 20 personnes dont Ariel et Mario, tous Philippins… sauf Mario lequel, vous l'aurez deviné, est de nationalité Italienne.
A 21h coup de fil dans la cabine, on me demande de descendre au pont 3 (pont correspondant au 'rez de chaussée', le pont 2 étant la machinerie, les ponts 1 et zéro les cales) pour conduire Pégase au pont 6.

Ce bateau étant immense c'est par une rampe d'accès bien droite et pentue d'environ 20% qu'il faut y accéder. Je commence lentement la montée. Arrivé sur le pont indiqué ce n'est que dockers excités et agents divers que je rencontre, tous affairés sur cet immense plateau a arrimer pour les premiers diverses cargaisons dont des centaines de véhicules et pour les seconds noter, contrôler et/ou vérifier tout ce fret hétéroclite en partance pour Dakar, Freetown, Vitoria, Rio de Janeiro, Santos, Buenos Aires et Zárate, ultime étape de ce voyage.

On me guide pour me garer et on m'informe aussi que je serai de nouveau appelé pour déplacer Pégase dans le courant de la nuit, le navire devant changer de quai pour encore charger d'autres véhicules et containers… No problem car comme un gosse émerveillé je suis tout content de voir cet impressionnant spectacle… ; Je remonte en cabine accompagné d'un membre d'équipage.
 
Marie-Agnès, déjà couchée, n'arrive pas a trouver le sommeil. Je l'informe de ce que je vais devoir faire dans la nuit et vais passer quelques instants à l'extérieur. Il fait nuit noire au Havre mais le port est illuminé de milliers de lumières, ce qui le rends tout simplement superbe, presque féérique!!
Curieux je m'aperçois alors qu'il y a un p'tit 13ème pont.

J'y monte par un escalier extérieur et hésite a pénétrer dans ce qui s'avère être le poste de commandement. Un officier me voyant sous la pluie (car de nouveau il pleut) m'invite alors à y entrer. Ne voulant pas déranger il me dit que c'est avec grand plaisir qu'il me reçoit et que cela nullement ne le gêne. Ils ne sont que 2 personnes au 'quart', la salle est très grande, facilement 100m2 et comme vous avez pu certainement le voir dans certains films, ces endroits, plongés dans le noir (non éclairés la nuit plus exactement), sont très bien instrumentalisés : divers scopes, tables à cartes, matériel météo, appareils de navigation, pilote automatique etc. etc..

Cet officier, pas avare d'informations, réponds avec précision à toutes mes questions, on le sent super passionné…
Après quelques instants, autorisé à venir quand je le souhaiterai à 'la passerelle', je le laisse à sa méticuleuse tâche.
J'y reviendrai souvent durant ce voyage, c'est plus que sûr.

A 1h du matin le 10 le coup de fil attendu arrive pour déplacer une nouvelle fois Pégase.
Tel le nouveau mousse je file vers l'ascenseur et me retrouve au pont 6... Ma mission, si je l'accepte (car un docker peut le faire à ma place), est de descendre Pégase sur ce nouveau quai Havrais et d'attendre avec lui le feu vert de son ultime déplacement. A la vue des dockers maniant les véhicules, Pégase étant à "driver" avec délicatesse, je préfère attendre, étant en plus très intéressé par tout ce qui se passe….
 
Après seulement 1h à regarder dans la nuit ce petit monde s'affairer aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur sur cet immense quai, on m'indique qu'il me faut regagner le pont 6.

Une fois Pégase bien garé, immobilisé entre un immense engin agricole, style moissonneuse batteuse et un camion pour 'Dakar', il est tout petit et semble bien malheureux une fois sanglé sur ce sol métallique et froid.. je lui promets de venir le voir de temps en temps - ce n'est peut-être qu'un véhicule mais après plus d'un an maintenant de vie commune.. on s'attache.

L'appareillage s'effectue comme prévu le 10 pour sa première étape Dakar prévue le 17.
Maintenant notre Yacht est bien en route, ses 214m et 26 membres d'équipage rien que pour nous 10...

ARRIVEE A BUENOS AIRES

Le 8 janvier 2012 - 6h30

BONNE ANNEE A TOUTES ET A TOUS

Voici deux jours que nous mouillons au large de Montevideo à 250 Km de BA et enfin le feu vert est donné au Cdt pour rejoindre notre port d'arrivée, futur port de départ enfin pour notre grand tour sud-américain….

Tout le monde (les pax) en ont assez maintenant car le voyage est vraiment long. Bien qu'à bord tout se soit bien passé (voir textes de Marie-Agnès), c'est vraiment, vraiment long…. C'est cependant quelque chose d'inoubliable à vivre car ce n'est pas banal du tout et c'est assez exceptionnel de faire une si grande ballade sur un si immense navire de commerce.

L'arrivée est prévue vers 19h, accostage 21h et débarquement demain matin 9 janvier vers 9h (13h, heure de Paris).

Avant l'arrivée nous avons pu brancher électriquement les véhicules dotés de batteries à décharge lente, nettoyer les panneaux solaires et préparer nos montures.

Aucun dégât constaté et nous n'avons pas eu de difficultés pour descendre les voir (à tous moments) et les surveiller si besoin à l'escale de Dakar. Pour notre part nous n'avions pas installé de séparation entre la cabine et l'espace vie, les autres non plus.

mercredi 20 juillet 2011

Quatrième papier


Réponses à diverses questions posées.


1 - La vie à bord, vivre à l'année dans un CC :
Concernant la 'manière de vivre' - si donc comme Nicole et Julien de Palavas - vous envisagez de vivre à l'année dans votre camping-car et ce dans un endroit précis et fixe (le Maroc en l'occurrence), pensez-vous que le CC soit la solution?

Ce moyen de locomotion étant de prime abord conçu pour 'voyager', la caravane me semble plus appropriée car la possibilité de s'évader de temps en temps du camping avec la voiture (ne serait-ce que pour s'aérer l'esprit!) se révélera certainement nécessaire.

Pour plus d'informations cependant (notre projet actuel de vie étant différent) je pense que les personnes intéressées par cette manière de vivre doivent se rapprocher des sites spécialisés : vivre à l'année dans un camping-car… une caravane… un bateau… etc..

2 - Doit-on être bricoleur(se)?
Pour ma part je dirai que oui tout en relativisant cependant !!!
Rassurez-vous !!

Pour la cellule si l'on sait manier un tournevis - si l'on sait poser divers rouleaux de scotch et serres joints - si l'on sait ou passe tous les tuyaux d'eau, les gaines de chauffage et si l'on connaît le principe de fonctionnement électrique ainsi que les tenants/aboutissants des divers éléments composant la cellule « donc la connaître du mieux possible » alors vous pourrez partir tranquille car vous saurez traiter l'urgence. Le travail proprement dit sera exécuté par des professionnels. Il faut cependant savoir que toutes les pièces détachées pour CC sont excessivement onéreuses donc si l'on sait faire pas mal de choses…

Concernant les porteurs :
- pour les anciens il est certainement intéressant de savoir comment changer certains éléments (bien évidemment les plus simples). Tout le monde n'est pas mécano mais l'accès à certains organes est possible.

- et pour les porteurs récents c'est une autre affaire car si l'on est pas ingénieur en motorisation, on lève le capot… on regarde béat d'admiration… ou de rage s'il y a problème… et là on est bien content d'être bien assuré pour faire convoyer notre monture au garage du coin!!!!

Sur le Ford par exemple hormis changer les roues et les lampes, remplacer le filtre à air, à huile, à diesel et faire les niveaux éventuels… je ne sais rien faire d'autre!!!
Alors on part…. on ne part pas…
On est parti..
Sinon tout est raison pour ne pas partir…


3 - Pourquoi le Ford comme porteur ?
Tout simplement car divers critères que nous nous étions fixés étaient réunis pour que nous choisissions ce CC. La marque du porteur importait peu mais ayant pour projet un TDM, Ford étant bien représenté aux Amériques, l'union porteur/choix cellule à ce moment là (déjà 3 ans!) nous allait bien. On verra sur place et le Ford Transit, modèle européen, est commercialisé là-bas…

4 - Doit-on prendre des pièces de rechange ?
Alors là la réponse n'est pas facile… tout dépends de votre personnalité et de votre degré d'angoisse.

Si vous pensez que prendre énormément de choses peut vous rassurer, prenez, ne gâchez pas d'emblée votre enthousiasme (mais pensez à la remorque que vous allez trainer!).
En ce qui nous concerne nous avons une petite, petite caisse à outils, quelques vis, rondelles etc… N'étant pas spécialiste j'ai évalué ce que je pourrai faire, j'ai donc acheté le nécessaire… et en outillage, ce dont je sais me servir!!

5 - Roues de secours
Avons-nous besoin de 2 roues de secours sachant qu'actuellement la majorité des CC sont vendus sans (quelle aberration, et tout ça encore pour gagner constamment en poids!!).
La probabilité de crever étant minime, avons-nous donc vraiment besoin de 2 roues ? Me concernant j'ai eu la malchance de crever 3 fois depuis que je conduis un véhicule et croyez moi, j'ai des centaines de milliers de km à mon actif.

Donc pour moi : une roue oui (notre CC en est équipé) mais deux, non.
J'ai cependant un complément 'de sécurité' composé de mèches (ces dernières pas faciles à placer j'en convient (et j'en serai dans ce cas à deux crevaisons simultanées si besoin)) et d'un petit compresseur 12 V puissant (non acheté en grande surface car pas assez fiable et robuste) capable de regonfler des pneus de camion et mes suspensions pneumatiques.

6 - Les bouteilles de gaz
La plupart des CC sont équipés pour en embarquer deux, ça suffit amplement si l'on s'en sert normalement, à nous de faire attention. Concernant leur utilisation à l'étranger, je n'ai pas encore assez d'expérience pour vous aider dans votre réflexion. Cependant et c'est toujours un peu pareil je crois ; si l'on est du style a 'flipper' pour tout, alors on achète tous les embouts, les lyres et les tuyaux armés, sans oublier les joints et les modes d'emploi …

Ici au Royaume-Uni l'utilisation des deux bouteilles propane est plus que probable, nous terminerons donc notre séjour avec des petites bouteilles bleues camping, l'adaptateur est le même que chez nous et on en trouve dans tous les campings, grands magasins et magasins de sport.

Pour notre départ en Argentine, nous rendrons une bouteille, partirons avec une pleine et on verra sur place… les Argentins, Chiliens et autres peuples sur cette planète se servent aussi de gaz, on fera comme ils font… Et si l'on n'a pas de gaz pendant quelques jours, on n'en mourra pas!!!!

Info à ce jour 10 juillet 2011 pour la 'pêche' dans les lochs et les rivières :


Tout est payant, ne vous avisez pas de mettre une ligne sans avoir acquitté votre droit de pêcher, panneau(x) informatif(s) avec nr de tél. sur tous les lochs et rivières, tous les commerçants d'un secteur vendent ces permis (de toutes sortes car par exemple : en durée, depuis une heure à 1 an, pour les lignes de 1 à X et pour les types de pêche de xxx à yyy… je ne peux rien vous dire de plus sur ce sujet n'étant pas un grand amateur de la chose). Amendes plus que salées si vous êtes pris à pêcher sans permis. A vous de voir …



dimanche 12 juin 2011

Troisième papier


Chers ami(e)s internautes, nous voici donc de nouveau en vadrouille et, après un peu plus d'un mois en France à faire principalement le tour de la Famille et des restaurants locaux, nous voici au Royaume-Uni pour 3 mois.

Départ retardé à mi-novembre pour l'Argentine…


Notre choix de véhicule - Les fabricants de ces engins ... Notre camping-car.


Depuis que nous possédons notre camping-car nous venons de dépasser les 32000 kms, donc quasi neuf et pourtant…

Un camping-car étant un véhicule hybride composé d'un 'porteur' (Ford, Fiat, Mercedes…) et d'une 'cellule vie' aménagée de 'x' façons (Hymer, Pilote, Chausson…), leur assemblage final permet de proposer 3 types de modèles à la vente - capucines, intégraux et profilés - si l'on rajoute les fourgons aménagés et divers véhicules habitables, vous n'avez que l'embarras du choix pour acheter votre petit bonheur à 4 roues et parcourir avec lui mille lieues plus belles les unes que les autres … MAIS …

Une fois le superbe engin acquis et si on est novice, on s'aperçoit rapidement que cette avalanche de choix ne veut strictement rien dire et que, pour chaque type proposé, les designers-ingénieurs-concepteurs «cellule» ne font rien de bien révolutionnaire, que c'est du tape à l'œil et du mal fini et que leurs employeurs, les fabriquants (très peu en réalité puisqu'ils se rachètent tous!!) les assemblent et les vendent avec des marges correctes à des sociétés commerciales – uniquement commerciales – lesquelles nous les proposent à leur tour avec des marges super, super, super confortables.

Je n'hésiterai donc pas à être peu aimable dans ma réflexion avec ces derniers car ayant plongé comme un bleu dans le système en achetant le nôtre neuf, j'estime avoir le droit de donner mon point de vue sur ce sujet. Le comportement de certaines de ces concessions en matière de SAV et de pratiques commerciales est limite correct et/ou frise l'escroquerie, ils racontent n'importe quoi, vous promettent n'importe quoi aussi et pour beaucoup d'entres-elles après quelques années (peu.. bien sur) d'activité, changent de nom commercial ou disparaissent tout simplement ...

Si donc vous souhaitez vous porter acquéreur d'un CC, n'hésitez pas à vous rendre dans des concessions indépendantes avec un ami camping-cariste (réel utilisateur d'un tel engin et rouleur), n'hésitez pas durant la négociation d'achat à demander un maximum d'équipements, ils peuvent sans problème le faire, laissez les pleurer, la vente d'un CC est relativement facile car si vous entrez chez-eux, c'est que vous êtes quelqu'un de très intéressé. L'achat d'un CC étant un peu 'le résultat d'un rêve', le vendeur le sentira et ne vous lâchera pas, prenez votre temps et, comme pour tout achat 'affectif', allez-y seul, jamais en couple, confrontez vos points de vues, les baratins des vendeurs, les plus et les moins de chaque modèle etc, etc… N'oubliez pas aussi les occasions de l'année ayant peu de kms…

Revenons à notre choix.
Pour ce périple je pense que peut-être il eut été préférable (nous le verrons certainement sur les routes de Patagonie !!), d'opter soit pour un petit camion 4x4 que j'aurai moi-même aménagé ou un ensemble hybride 4x4/cellule aménagée…. Ces deux options furent étudiées en leur temps mais écartées en raison : pour ce qui concerne le camion : du manque de temps pour réaliser un aménagement correct et pour ces deux types de véhicules, soyons réalistes, d'un certain confort souhaité, d'eau embarquée et de sanitaire.

L'option du VAN, intermédiaire entre le fourgon aménagé et le CC fut retenue et nous en sommes satisfaits : petit, bon confort, 'haut sur pattes', très bien motorisé il offre de bons compromis pour notre projet. A la lecture de beaucoup de sites de voyageurs bourlingueurs et expérimentés, on s'aperçoit vite (et heureusement) que tous les choix sont bons à condition d'adapter sa monture au terrain envisagé et à son projet…CQFD… si le projet est de faire du désert le véhicule 4x4 est obligatoire, si on veut faire de la ville une bonne paire de chaussures sera parfaite et si l'on veut faire un TDM en moins de 24h, il existe des billets d'avion pour cela...

Nous nous adapterons donc, comme au Maroc, aux chaussées et lieux rencontrés : on passe – tant mieux…. et si l'on ne passe pas ou s'il y a un risque réel : on fera demi-tour…!!! Les visites de sites un peu perdus ou très difficiles d'accès seront faîtes par tous moyens de locomotion locaux : âne, cheval, 4x4, hélico,bateau, avion etc.… et dromadaire... euh... non pas là-bas !!! Et bien sûr à pied, le seul et meilleur moyen pour s'oxygéner et se faire physiquement du bien. Donc on s'adaptera...

On dénombre quelques incidents mineurs de construction cellule et deux pépins durant ces 6 mois : le premier, absurde, est que la manivelle de commande du lanterneau de la salle d'eau m'est restée dans la main. J'ai pu réparer ce dommage dont l'origine est de ma faute, je n'avais jamais graissé son roulement interne (du coup j'ai graissé tous les rouages des autres !..). Le second, au niveau du porteur, un problème de remplissage au niveau du filtre à diesel, lequel avait une incidence sur l'injection, problème résolu en un rien de temps à Oujda (Garage Ford) et pour un montant de 100 dirhams, soit moins de 10€ !!! Ce garage nous a même donné l'autorisation de passer 1 nuit sur leur parking gardé afin de tester le moteur à froid le lendemain matin …

Le comportement routier du Ford est sain. Ayant une charge utile possible de 750 kg, le fait d'en avoir environ 400 d'utilisés laisse une marge plus que raisonnable avant surcharge. Comme prévu les fusées arrières ont été enlevées début juin et remplacées par 2 pneumatiques gonflables DUNLOP dont les principaux avantages sont : solidarisation châssis/cellule, roulis quasi inexistant et un gonflage/dégonflage de ces éléments à la demande pour les passages délicats. Cet achat à la base n'est cependant pas indispensable pour un petit CC, il est envisageable pour un moyen et à étudier de près pour les CC ayant un grand porte à faux. Pour les gros rouleurs, peu importe alors le gabarit, l'achat de ces pneumatiques s'avère quasiment indispensable (on s'en aperçoit vite !). Leur montage cependant doit être impérativement réalisé par un garage agréé et si vous souhaitez économiser quelques centaines d'euros, ne passez pas par certains magasins ayant un certain monopole sur toutes pièces destinées aux CC, caravanes, etc…

Mon prochain papier aura pour objet un ensemble de réponses à diverses questions posées.

A bientôt…


mercredi 16 mars 2011

Second papier sur notre équipée



4 mois déjà depuis notre départ … on peut dire que c'était hier… à notre rythme !!!

Pour ces 3 derniers mois passés au Maroc, ceux-ci se sont extrêmement bien passés et nous sommes ravis que notre choix se soit porté sur ce pays car - en phase de finalisation de notre TDM - nous avons pu régler certaines choses de la vie courante, lesquelles, dans un espace restreint et pour le super long terme, se révèlent nécessaire à faire.

Si donc, pour nous, notre façon de vivre devait s'adapter à cette «nouvelle vie», tester bien évidemment Pégase dans certaines situations (de la petite piste (hors 4X4 évidemment) aux routes très correctes en passant par celles étroites, sinueuses, bien pentues, inondées, boueuses, caillouteuses, sableuses et quelquefois bien abîmées pour ne pas dire plus) s'avérait bien indispensable… ce test pour moi (et pour Marie-Agnès aussi) s'est avéré également très bénéfique car il était hors de question que nous ne restions 'que' sur des routes 'faciles' ou 'touristiques' lesquelles, dans l'ensemble très correctes, sont affectées des seuls bémols dont il faut constamment faire attention ici : la conduite un peu spéciale des habitants du cru et la notion de danger, cette dernière étant inexistante ici !!...
Voici ce que nous avons aimé ou un peu moins, découvert et ressenti…

Les points positifs auront été (ordre aléatoire) :
 
-une découverte émerveillée d'impressionnants paysages - et à chaque virage un nouveau… je n'exagère pas… -les sites historiques visités,-un accueil particulièrement agréable et gentil de la population, toujours disponible et souriante, -l'amélioration qualitative et quantitative du réseau routier ; efforts et travaux bien visibles,-la sécurité omniprésente,-la gastronomie marocaine si l'on prends soin de sortir du touristique tajine ou du couscous.

Les points négatifs :

 

-le délabrement des sites historiques et la dangerosité avérée pour certains,
-le problème des déchets (souvent très visibles et parfois nauséabonds) dans certaines campagnes, villes et villages … (une sensibilisation est toutefois menée, laquelle porte petit à petit ses fruits…),
-la difficulté bien réelle en public d'aborder et de discuter avec la gente féminine (en privée, non, mais il faut toutefois relativiser car il est important de préciser que dans les campagnes (et ce dans toutes les régions traversées) beaucoup de femmes ne savent ni lire et écrire, ne parlent que le dialecte local ou le berbère, ne parlent pas l'arabe et bien évidemment pas le français, ces deux dernières langues étant réservées à celles ayant eu la chance de naître au sein d'une famille aisée ou ayant eu la possibilité de pouvoir faire quelques études au Maroc et/ou vivre et/ou étudier en France.
-l'insistance « lourde » de vendeurs de bibelots et autres objets made in China, Taiwan, Mali, Mauritanie et consort… que l'on retrouve, adaptés bien sur aux couleurs locales, à Montmartre, Rocamadour ou à La Nouvelle-Orléans… !!!

Un point de réflexion vital à court terme pour ce Pays : sa jeunesse : 50% a moins de 25 ans, 64% moins de 20 …

Nous ramenons donc de ce très beau Pays de belles images, d'agréables moments et de beaux souvenirs mais pour nous ce séjour de trois mois est suffisant - plus tard, bien plus tard… nous y reviendrons peut-être afin de le redécouvrir plus profondément et bien évidemment aller là ou nous n'avons pas eu le temps de passer.

A ce stade de ce second papier je n'hésite pas à vous dire que si ce Pays est ou était dans vos projets de dépaysement, n'hésitez pas, faîtes vos valises… pour le soleil sous la latitude d'Agadir, pour le reste partout ailleurs.

Infos pour les camping caristes :
Radio camping car est la plus belle des con…, venez et faîtes vous-même votre expérience, il n'y a pas plus d'insécurité ici que chez nous et pour notre part nous n'avons pas ressenti la moindre appréhension… et je n'hésite pas à rajouter que je ne dirai pas cela pour notre cher Pays …

Pour votre porteur ayez des pneus si possible en très bon état, de bonnes suspensions, une vidange et tous les filtres changés avant le départ.

Coté 'habitation', si vous avez un petit CC (comme nous) et que vous souhaitez faire un peu de sauvage, une troisième batterie et un panneau solaire sont indispensables. Ici quasiment tous les campings ont le 220V prise française mais bien souvent l'intensité délivrée est inférieure de 20%, attention donc pour les frigos de nouvelle génération, n'hésitez pas à passer sur le gaz si c'est le cas… Pour le gaz pas de problème, si vous tombez en panne ici vous l'aurez bien voulu… les bouteilles marocaines, bien qu'un peu.. à beaucoup cabossées, sont toutes au butane, fonctionnent bien et ont un pas à gauche. Un filtre n'est pas superflu, à vous de voir. Le propane ne sert à rien sauf si vous souhaitez grimper en altitude, y rester et vous y geler…

Consommation gaz pour cette période de 3 mois : 3 bouteilles (2 douches par jour, 20 heures environ de chauffage, 30 mn/jour chauffe eau).

Kilométrage effectué, plus de 6000, le diesel 50 est à 0,73 dirham le litre soit 0,68 €… le 'choc pétrolier' va être violent je crois sur le continent européen…

Trousse à outils : un indispensable cruciforme pour resserrer de temps en temps notre innombrable visserie… de la graisse, de la colle et tous les outils basiques de dépannage mais ne vous encombrez pas… ce n'est pas si désertique et c'est un pays où les mécanos savent réparer un peu tout !!!

Garages Ford utilisés : Agadir pour un problème d'huile (garage sale et peu équipé) et celui d'Oujda pour un problème d'injection, résolu très professionnellement (garage nickel en plus). Pour info complémentaire la «fameuse valise diagnostic Ford» est à Casablanca, donc si un garage en a besoin il fait appel au 'grand garage de la grande ville' et un coursier 'fangio' l'amène de nuit ou vous vous trouvez!!!

Voilà donc en quelques lignes ce premier chapitre TDM achevé, le second sera consacré à l'Espagne que nous allons maintenant parcourir sur un mois et dont nous vous relaterons le séjour en deux ou trois articles. Enfin nous rédigerons les derniers mois passés en France (consacrés à la Famille, aux amis et à divers séjours d'optimisation et de préparation mécanique pour Pégase) juste avant d'embarquer au Havre le 6 septembre (le retard prévu (habituel chez GRIMALDI) se concrétise donc - 10 jours - je ne sais pas s'il va se poursuivre mais nous nous y attendons encore avec en plus, et nous nous y attendons aussi, à une augmentation tarifaire du passage suite aux coûts du pétrole). Le retard n'est pas grave pour nous mais si, parmi vous ami(e)s lecteurs, vous envisagiez de prendre par exemple une année sabbatique pour effectuer un tel passage, unique en son genre certes, vous voyez dans quelle galère ce genre de transporteur peut vous mettre… sachant qu'en plus il faut réserver un an avant, payer 20% à cette même réservation, prendre une assurance annulation (donc plus que conseillée) etc, etc…

Je remercie tout particulièrement Hervé G. pour son aide au niveau de ma soute et du prêt de sa scie sauteuse, le bonjour à Isabelle bien évidemment et bonne chance à vous deux pour vos projets. Merci aussi à notre guide d'AMTOUDI, Mohammed – à Abhawi d'AIT BEN HADDOU pour son accueil en sa demeure – à la brigade de gendarmerie Royale d'EL JEBHA pour leur conseil avisé.

A bientôt Marie-Claire et Philippe le grand plaisir de vous revoir et à certains camping caristes que nous avons rencontré durant ce périple marocain nous réitérons notre promesse de vous donner un petit signe de cordialité avant notre grand départ.

Merci enfin à vous toutes et tous, internautes ami(e)s, suiveurs de notre aventure, qui n'hésitez pas a poser des questions et nous encourager dans notre aventure.

dimanche 26 décembre 2010

Premier papier


Voilà donc un peu plus d'un mois que nous sommes partis pour ce Tour du Monde « no limit » et nous pouvons dire qu'à ce jour, nous sommes globalement satisfaits de ces premiers jours passés au sud-ouest de l'Europe. Notre première expérience étrangère remontant maintenant à deux ans (Angleterre, Pays de Galles) ne nous ayant pas permis (hormis bien sur la visite de sites historiques magnifiques et de paysages uniques) de vérifier correctement nos connaissances linguistiques – plus que moyennes alors !!! … et toujours moyennes aujourd'hui … celles-ci ne seront cependant pas un frein pour notre projet … on s'adapte à tout et on se dit que l'on fera forcément des progrès avec le temps.

Le train-train quotidien est maintenant derrière nous et il ne nous manque pas du tout … mais honnêtement nous appréhendions assez mal cela avant le départ…

En tout cas, plus de périph toulousain pour arriver à l'heure à un RDV, plus de dossiers à traiter d'urgence, super urgence ou méga urgence (relativité du mot ??), plus de pression constante, stressante, usante, etc, etc … Plus de télé aussi, choix délibéré et absolument pas réducteur pour nous. Pour les news, on a à bord notre ordi par wifi, la radio du bord et un (soi-disant !) super appareil capable de capter les ondes courtes (que de temps en temps le soir je m'amuse à bidouiller afin d'accrocher telle ou telle station, laquelle, une fois réglée, diffuse certes en français, les infos de Corée, de Russie, d'Afrique du Sud ou d'ailleurs … le Tour du Monde avant l'heure quoi … !!!

Concernant les réponses que j'apporterai tout le long de notre voyage, celles-ci seront uniquement basées sur notre expérience à venir et les préparatifs réalisés pour ce projet à durée indéterminée. Un TDM étant un choix personnel pouvant se faire de X façons, ce n'est donc certainement pas à moi de vous dire s'il vaut mieux prendre des baskets, un vélo, un bateau, un avion ou tel autre moyen de locomotion pour faire ce genre de voyage …

N'hésitez donc pas à nous poser des questions bien précises, nous ferons le maximum pour y répondre clairement. A bientôt le plaisir de vous lire, ce qui nous fera bien plaisir aussi …

Voici donc la première réponse à une question redondante : Le coût estimé d'un tel projet ?


Hormis l'achat du CC neuf, diverses assurances, sa préparation et le passage que nous effectuerons l'année prochaine avec lui par bateau pour l'Argentine, nous avons budgétisé un minimum de 1500€ de dépenses mensuelles, celles-ci comprennent l'entretien courant du CC, le gazole, les visites, les frais de bouche et divers .. Pour ce 1er mois par exemple nous sommes dans cette moyenne car les pays traversés sont au final quasiment aussi onéreux que le nôtre. On verra tout cela en lissant sur plusieurs mois les différents postes, mais il s'avère déjà que celui concernant le CC sera le plus élevé, celui-ci devant obligatoirement faire l'objet à moyen terme d'un entretien assez lourd (pneus, amortisseurs, divers…). Ce budget est donc pour l'instant 'très virtuellement' défini bien qu'étudié… pour nous ! En conclusion à cette première réponse je dirai tout simplement qu'il faut se poser la question de savoir quel est le montant que l'on est prêt à dépenser pour un tel projet et surtout qu'est ce qu'on veut faire exactement : si par exemple votre choix (pour 2) est d'aller directement au fin fonds du Maroc afin de vous "brûler la couenne et buller", le coût approximatif du trajet AR (donc pas dans la perspective d'un TDM) sera de 600€ et les dépenses pour un mois d'environ 400€ (camping inclus, cuisine dans le CC, jamais de restau et ne faisant, bien sûr, pas travailler les Marocains du coin)… donc pour environ 1000€ vous passerez 1 mois au soleil….


A l'inverse en Angleterre, dans les mêmes conditions mais avec moins de soleil, votre budget aura grimpé à 1600€… Si donc vous rajoutez les visites de sites, les extras gastronomiques et divers petits plaisirs vous n'avez plus qu'à sortir la calculette et estimer vos dépenses à venir… faire une moyenne mensuelle (sachant que vous aurez des Pays chers et d'autres moins), shaker le tout en n'étant pas trop optimiste, sécurité oblige, et multiplier le chiffre qui en ressort par le nombre de mois que vous souhaitez passer à l'extérieur de l'hexagone.


Mais en définitive ce n'est pas cela qui est vraiment important, l'essentiel étant plutôt de décider de faire un TDM, donc de prendre 'la décision', avec tout ce que cela implique et impliquera dans votre vie actuelle et future, la question financière se posera d'elle-même, suffisamment tôt, n'ayez crainte… et chaque cas étant particulier… Nous rencontrons par exemple de jeunes couples (coucou à ceux du 30, combi W) qui se débrouillent comme ils peuvent et qui partent à l'aventure avec vraiment peu de moyens, font de petits boulots aux étapes et le soir venu déballent de leur véhicule la tente et le couchage, se douchent à leur réveil aux sanitaires du camping et économisent sur tout…. Leur richesse est pour moi leur jeunesse et peu importe les raisons d'une telle aventure à leur âge, ils font tout simplement quelque chose qu'ils n'auront peut- être pas l'occasion de refaire !!!!


A l'opposé au Portugal (voir photo) nous avons rencontré un couple de Belges possesseurs d'un CC américain avec extensions et voiture (le 1er CC US en Europe) passé aux 'mines' belges dont le coût global TTC revient à plus de 500000 € … je ne dirai rien sur les diverses capacités liquides embarquées et divers, ils tiennent 1 mois sans pb…. et… avez-vous une idée des divers coûts d'entretien d'un tel CC ???? Vous voyez donc que les dépenses liées au porteur peuvent varier de quelques centaines d'€ à plusieurs milliers… les assurances aussi… il n'est donc pas aisé de répondre à cette question car au final il faut tout mettre dans la balance : l'humain, le matériel, le financier, les conséquences d'un tel projet (eh oui !!!)…. Donc se poser pas mal de questions, d'y répondre clairement et surtout, si vous êtes en couple, que les deux soient d'accord.... heureusement en CC c'est bien souvent de la vaisselle en carton !!!!!!!