Bonjour à toutes et à tous






" le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain"
Roland Dorgelès







jeudi 12 avril 2012

Le Nord-Ouest Andin 2ème partie




Du 28 Mars au 2 Avril 2012
 
 
 
Le lendemain, nous attendons notre mini-bus à l'aube, il fait froid et brumeux et nous voilà partis vers les hauteurs qui dominent Salta : nous grimpons sur la Puna, à 2600 mètres au-dessus de Salta.

En montant vers le haut plateau


La grimpée !

La première heure se passe au milieu des nuages, puis nous retrouvons le soleil et pouvons enfin admirer le paysage de montagnes qui s'offre à nous : les Andes ont cette particularité d'être très colorées passant du noir foncé au rouge profond où au vert très pâle ; après divers petits arrêts pour admirer le paysage, nous sommes enfin sur le haut plateau : petits buissons et «herbe de la pampa» avec leurs longs plumeaux sont la seule végétation ;

sur le haut-plateau

nos premiers lamas

nous croisons un troupeau de lamas avec leur gros manteau de laine, tantôt marron, tantôt blanc et arrivons à San Antonio de los Cobres, une petite bourgade à 3775 mètres d'altitude ; les habitants y sont essentiellement des indiens et les maisons sont majoritairement en pisé ; çà ne doit pas être toujours très facile d'habiter là : on se sent un peu au bout du monde ; heureusement qu'il y a des touristes pour faire du passage !

Arrivée à San Antonio de los Cobres
 
 
Nous profitons du repas pour faire un peu connaissance avec le groupe assez hétéroclite : deux couples argentins, deux dames allemandes, deux suisses, un couple canadien et nous français ! Puis nous reprenons la route qui nous amène aux Salinas Grandes, une plaine saline à 3500 mètres au-dessus de la mer : c'est un ancien lac asséché qui forme une vaste croûte de sel de plus de 500 km2 sur 50 cm d'épaisseur ;

les Salinas Grandes

le ramassage du sel

maison en briques de sel

nous nous promenons dessus et certains même se mettent pieds nus dans les bassins rectangulaires d'où l'on extrait le sel ! Il ne s'agit pas d'avoir un bobo aux pieds car la concentration de sel est vraiment importante : j'y trempe la main, elle devient toute blanche !!!

Puis nous reprenons la route sur Purmamarca en passant par un col à 4.170 mètres d'altitude avant d'entamer une longue et spectaculaire redescente qui nous mène à ce petit village de 500 habitants situé à 2200 mètres d'altitude. Sachant que nous allons y revenir avec Pégase, nous faisons un petit tour rapide sur la place où se tient chaque jour un marché de tissages et de divers souvenirs pour touristes.

Enfin, c'est le retour sur Salta : passés les 2000 mètres d'altitude, nous retrouvons les nuages et nous traversons San Salvador de Jujuy à la nuit tombée ; il est plus de 10 heures du soir quand nous arrivons au camping, complètement crevés par la longueur du trajet et sûrement aussi, les changements d'altitude. Heureusement, nous n'avons ressenti aucun malaise, si ce n'est une sensation d'essoufflement quand nous marchions un peu trop vite.

Nous passons la journée du lendemain tranquillement au camping : le temps est agréable ; nous faisons un petit tour dans Campo Quijano où est exposée la réplique de la locomotive du Tren de las Nubes.

Réplique du Tren de las Nubes

Le 30 nous faisons une nouvelle journée sur Salta où Alain a des fusibles à acheter et nous en profitons pour aller à la lavanderia ; nous mangeons dans un marché couvert : il y a un monde fou, un bruit fou, des marchands circulent entre les tables pour vendre toutes sortes de choses : cela va du hachoir à viande aux parfums (?) en passant par le fer à repasser et les bijoux de pacotille ! On sort de là un peu sonné mais le repas n'était pas mauvais.

Enfin, le 31 nous reprenons la route : nous quittons Salta par une petite route qui nous emmène dans la montagne : nous sommes dans une forêt très dense, la route est très étroite …et Alain pas content du tout de se trouver là ! Enfin, c'est la plaine de San Salvador de Jujuy : nous continuons notre chemin vers la Quebrada de Humahuaca. A partir de Purmamarca la vallée est vraiment belle : un petit ruban de verdure plus ou moins large qui serpente entre des montagnes toujours aussi colorées ; nous passons de petits villages en pisé en incroyables formations rocheuses : c'est Maimara, lové sous la spectaculaire Paleta del Pintor avec son cimetière à flanc de colline, Uquia et sa petite église et enfin Humahuaca où nous nous arrêtons pour la nuit.

Montée dans la Quebrada

Près de Maimara

Le cimetière à flanc de colline

Nous partons nous y promener le lendemain matin : c'est la fête des Rameaux et quand nous arrivons à l'église, la procession avec bénédiction des Rameaux est en cours ! Le centre de la petite ville est très agréable avec sa petite place centrale ombragée, l'église et le Cabildo siège de la municipalité ; tout près se trouve également le monumento à la Indépendancia, un peu lourd à notre goût. Nous nous promenons dans les rues de la petite ville : nous sommes à près de 3000 mètres d'altitude et on a vite le souffle un peu court dès que l'on grimpe, puis nous reprenons la vallée en sens inverse pour revenir sur Purmamarca car nous n'envisageons pas d'aller jusqu'à la frontière bolivienne.

Bénédiction des Rameaux à l'église de Humamarca
Le monument de l'Independance


Vue de Humamarca et de la vallée

Nous faisons de nombreux arrêts pour admirer le paysage et traversons à nouveau le Tropique du Capricorne puis allons visiter la Posta de Hornillos, un ancien relais de poste très bien restauré sur le chemin qui allait de Lima à Buenos Aires au temps du vice-roi. Il fut également le théâtre de violents combats lors de la guerre d'Indépendance : les troupes loyalistes à la couronne d'Espagne, descendants de Bolivie pour combattre les armées indépendantistes venant du sud. Il garda une certaine importance jusqu'à la venue du chemin de fer en 1908.

La petite église d'Uquia

Vue de la Quebrada


Pégase au repos dans la Quebrada


Passage du Tropique


Village en pisé

Encore quelques kilomètres et nous revoilà à Purmamarca où nous voulons passer la nuit. La petite ville est très attrayante : située juste au-dessous du célèbre Cerro de los Siete Colores, elle est en ce jour de fête des Rameaux, bourrée de touristes et dans ses rues en terre, c'est un véritable nuage de poussière !! Nous venions de trouver une place où nous garer quand nous remarquons un 4 x 4 avec cellule : un couple de Français de Bergerac ! Nous passons un bon moment à discuter au bord de la route : ils ont fait de nombreux pays : Afrique de l'ouest, Amérique du nord et centrale et une bonne partie de l'Amérique du sud …et nous discuterions encore s'ils n'avaient du continuer leur route sur Tilcara. Par contre, pas de chance, nous avons un problème avec les piles de l'appareil photo : pas de vues de Purmamarca, et c'est bien dommage !

Nous nous levons de bonne heure le lendemain car nous préférons partir avant les grosses chaleurs : il y a une sacré montée qui débute à quelques kilomètres  et nous ne savons pas si Pégase …... elle s'achève à un premier col à 4170 mètres d'altitude, soit une grimpette de près de 2000 mètres. Et effectivement, il a du mal car la pente est forte : il termine en 1ère à 10/15 km/h !! Il était temps d'arriver d'autant que l'oxygène pour le moteur se raréfie à cette altitude.


Premier col après Purmamarca

Nous sommes maintenant au niveau de la Puna, le haut plateau andin ; nous redescendons légèrement pour arriver aux Salinas Grandes que nous avions déjà vu et nous y faisons un petit arrêt : partis à 8 h 30 il est 10 h 30 quand nous y parvenons et il reste encore une longue route à faire !


Grimpée sur la puna

Maigre végétation sur la puna

et vue magnifique sur les hauts sommets

Les salines

Le trajet jusqu'à Susques, dernière petite localité avant la frontière, est de toute beauté : nous croisons des troupeaux de lamas mais surtout le paysage est encore une fois magnifique ; très peu de véhicules sur cette route, quelques maisons en pisé parfois, loin de tout …c'est assez extraordinaire ; il fait très beau, le ciel est d'un bleu éclatant, la température agréable. Nous arrivons tout à coup à Susques : le village en pisé est installé à flanc de colline et nous l'apercevons au dernier moment mais il est déjà midi et nous avons encore 150 km à faire avant la frontière.


Les lamas et leurs pompons sont vraiment craquants !
Susques, petite oasis dans la montagne

Nous poursuivons notre chemin dans un décor absolument fantastique : salar, végétation rare, couleurs changeantes des montagnes, sommets enneigés en toile de fond, c'est un trajet absolument magique ! Enfin, c'est la douane argentine : nous envisageons un moment de rester là pour la nuit mais il est encore tôt ; par contre, la douane chilienne est à 150 km de là, en fait à l'entrée de San Pedro de Atacama ! Nous passons donc peu après le col de Jama à 4370 mètres d'altitude ! Pégase a bien voulu nous emmener jusqu'à cette hauteur et nous sommes fiers de lui !!!


Et voilà enfin le Col de Jama !


Une nouvelle fois nous quittons l'Argentine pour quelques temps, mais … nous y reviendrons : nous avons encore beaucoup de sites à y voir, en particulier dans le centre et le nord-est.